Le pont des Arts

Construit en 1804, le pont des Arts est en réalité une passerelle longue de 155 mètres et large de 10 mètres, qui relie directement  la cour Carrée du Louvre à l’institut de France. Réservé aux piétons dès sa construction, il apparaît immédiatement comme un ouvrage d’une grande modernité.

Dès son inauguration, le pont des Arts est plébiscité par le public parisien : plus de soixante mille personnes l’empruntent le jour même. Il faut dire que depuis cette passerelle, la vue est exceptionnelle: vers l’est, elle donne directement sur le Pont-Neuf, la pointe de l’île de la Cité et l’un des deux bras de la Seine qui  l’entourent, créant ainsi un véritable tableau urbain.

Un balcon au-dessus de l’eau

Il faut dire aussi que le pont séduit par sa délicatesse et sa légèreté. Émile Zola écrira dans L’Œuvre  : « Le pont des Arts établissait un second plan, très haut sur ses charpentes de fer, d’une légèreté de dentelle noire, animé du perpétuel va-et-vient des piétons, une chevauchée de fourmis, sur la mince ligne de son tablier. »

Cette « dentelle noire » désigne les fines arches de fer qui le constituent, l’affranchissant de la pesanteur d’une maçonnerie utilisée traditionnellement pour la construction des ponts. Autre particularité notoire: son tablier de bois est rigoureusement parallèle au fleuve, surélevé de quelques mètres par rapport au niveau des quais.

Son concepteur, Louis-Alexandre de Cessart, ingénieur des Ponts et Chaussées, l’a pensé comme un véritable balcon suspendu au-dessus de l’eau, comme des tréteaux donnant directement sur la Seine et pouvant se prêter à toutes sortes d’animations. Et tant pis si, jusqu’en 1848, il faudra s’acquitter d’un droit de péage pour le traverser: il faut bien entretenir la végétation abondante qui le recouvre.

Un cadre prestigieux

Originellement construit de neuf arches, le pont des Arts n’en compte aujourd’hui que sept. En effet, les accidents fluviaux entraînés par ses piles trop rapprochées obligèrent les autorités à le reconstruire  totalement en 1984, tout en respectant le dessin général de l’ouvrage précédent.

Sur la rive gauche, il donne directement sur le superbe bâtiment de l’Institut de France. C’est à cet emplacement que se dressait au Moyen Âge la célèbre tour de Nesle, immortalisée par le roman d’Alexandre Dumas. Elle fut détruite en 1663 pour laisser la place à la construction de l’Institut, appelé à l’origine « collège des Quatre-nations », qui doit sa création à la volonté du cardinal Mazarin.

Le site fut cPont des Arts : cadenashoisi afin de doter la rive gauche d’un bâtiment neuf, tandis qu’en face se dressaient fièrement les nouveaux édifices  du Louvre, et c’est à Louis de Vau que l’on confia l’ébauche des plans. En 1805, à la demande de Napoléon Ier, l’Institut de France s’y installe.

Vu depuis le pont des Arts, l’édifice est parfaitement symétrique; au centre se trouve un portique au-dessus duquel s’élève le dôme de l’ancienne chapelle, tandis que deux ailes incurvées à toiture plate et décorée de balustrades se déploient de part et d’autre. L’ensemble dégage une impression d’équilibre et d’épure, tout à fait caractéristique du style classique.

Le long du quai Conti

L’Institut de France occupe le numéro 23 du quai Conti? En remontant ce quai jusqu’au numéro 11, on arrive à l’hôtel de la Monnaie, construit entre 1771 et 1777, sur des plans de Jacques-Denis Antoine. Son architecture reflète parfaitement les mutations que l’architecture française connaît à cette époque, arrivant progressivement à ce que l’on appellera le style Louis XVI.

Son élégante et rigoureuse façade, d’une longueur notoire -110 mètres-, est dotée en son centre d’un avant-corps constitué de six colonnes ioniques surplombant les cinq arcades du rez-de-chaussée. Au-dessus de la corniche, particulièrement saillante, se trouvent six immenses statues allégoriques représentant la Prudence, l’Abondance, la Force, la Justice, la Paix et le Commerce. Aujourd’hui ce musée de la Monnaie abrite une collection exceptionnelle de médailles et de monnaies anciennes, ainsi que des ateliers qui frappent des médailles commémoratives et des objets de collection.

 

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