Le VIIe arrondissement

Entre les Invalides, l’École militaire, le Champ-de-Mars et les quelque soixante-dix noms de rues dédiées aux généraux, maréchaux et victoires de l’armée française, le VIIe arrondissement présente une belle unité martiale. Il faut dire que Napoléon Ier et non neveu Napoléon III sont passés par là…

Ajoutons à cela trente-sept noms de rues évoquant des hommes politiques et nous obtiendrons un arrondissement… pas très drôle du point de vue des toponymes. Mais, sous ses dehors fastueux, l’arrondissement des « beaux quartiers » – où se concentrent ministères, ambassades et habitants aux revenus élevés – cache encore quelques pans d’un passé plus lointain, et parfois plus populaire.

Le lieu de tous les duels

La rue du Gros-Caillou rappelle qu’il y avait là autrefois une borne de pierre marquant la délimitation entre les terres de l’abbaye de Sainte-Geneviève et celles de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La rue du Pré-aux-Clercs perpétue le souvenir d’une vaste prairie verdoyante, où les étudiants de l’université de Paris venaient déjà musarder au XIIe siècle.

Or, l’abbaye de Saint-Germain et l’Université – qui a une rue à son nom tout à côté – s’en disputaient la propriété : en 1192, on y fait état d’une rixe opposant les gens de l’une aux gens de l’autre… Cela lança-t-il une sorte de tradition ? Toujours est-il que le Pré-aux-Clercs fut au XVIIe siècle un fameux lieu de duels…

Un bac pour les Tuileries

La rue du Bac, elle, tire son nom de la barge qui fut établie sur la Seine, au niveau de l’actuel quai Voltaire, en 1550, avant l’édification du pont Royal. C’est grâce à ce bac que les pierres destinées à ce bac que les pierres destinées à la construction du château des Tuileries purent franchir la Seine à partir de 1564. Le tracé de la rue reprend celui du chemin de plein champ qui partait des carrières de Vaugirard et menait au quai.

Sous les ors, la fange

Si la rue du Bac a gardé son nom d’origine d’autres l’ont perdu depuis longtemps. L’histoire que ces noms racontaient n’était sans doute pas assez belle…

Ainsi, la rue de la Chaise fut un temps appelée « rue des Teigneux » – elle abritait une léproserie- ; celle de Bellechasse, « la rue des Bohèmes »; celle du Colonel-Combes, la « rue du Pont-de-la-Triperie » ; celle de Sèvres, la « rue des Petites-Maisons », en référence à son asile d’aliénés ; le quai d’Orsay, « le quai de la Grenouillère » ; la villa de Ségur, la « ruelle des Paillassons » ; et la rue de Grenelle, le « chemin des Vaches »…

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