La place Saint-Georges

Avec ses hôtels bourgeois, la place Saint-Georges compte parmi les lieux les plus emblématiques de la « Nouvelle Athènes », nom que la vogue romantique de la Grèce donne au nouveau quartier qui se développe au nord de la rue Saint-Lazare, au début du XIXe siècle.

Comme un certain nombre de rues alentour, la place Saint-Georges naît dans le cadre d’une opération immobilière lancée par une société financière, la Compagnie Saint-Georges. Celle-ci est dirigée par l’ex-agent de change Alexis-André Dosne, futur beau-père d’Adolphe Thiers, celui qui réprimera la Commune.

L’hôtel d’Adolphe Thiers

Autour de la place se trouvent quelques beaux hôtel. Celui du numéro 27, à la façade sobre, a été reconstruit en 1873 par Alfred-Philibert Aldrophe , rasé par les communards en 1871, grâce à une formidable indemnité. En effet, le premier hôtel avait été légué à Thiers par sa belle-famille lorsqu’il avait épousé la fille de la maison, Élise, alors âgée de quinze ans, en 1833.

C’est là que les époux Thiers ont vécu jusqu’à ce que la Commune oblige le gouvernement à s’installer à Versailles. Thiers y avait rassemblé une remarquable collection de livres et d’objets d’art – des porcelaines de Chine notamment -, qui , elle, sera sauvée grâce à l’intervention de Gustave Courbet. Légué à l’Institut de France par la belle-sœur de Thiers, l’hôtel abrite la bibliothèque de Thiers et des collections d’histoire napoléonienne.

En face, au numéro 28, changement de décor avec une étroite façade gothico-Renaissance dont la surcharge décorative fait scandale. C’est celle de l’hôtel édifié en 1840 pour Thérèse Lachmann, une célèbre courtisane qui attire le Tout-Paris dans son salon. Après son mariage avec un riche Portugais, le marquis de la Païva, elle se fera bâtir un hôtel sur les Champs-Élysées.

Gavarni et les lorettes

La fontaine qui trône au milieu de la place Saint-Georges est surmontée d’un buste de Paul Gavarni, l’ami des Goncourt et le dessinateur attitré des « lorettes », ces filles aux mœurs légères et peu farouches entretenues par de riches bourgeois. L’une d’elles, dessinée par Gavarni, est représentée sur la colonne de la fontaine.

De Gavarni, Théophile Gautier écrit : « Ni Athènes, ni Rome n’existent pour lui : c’est un tort aux yeux de quelques-uns, c’est une qualité pour nous… » Constat un peu paradoxal, au cœur du quartier de la Nouvelle-Athènes… Mais les romantiques parlaient, eux, de la Grèce contemporaine.

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