La galerie Vivienne

Vivienne

Joignant par un angle droit la rue des Petits-Champs à la rue Vivienne, la galerie Marchoux, du nom de son créateur, président de la Chambre des notaires, prends son nom définitif de « Vivienne » avant même son inauguration en 1826.

Proche du Palais-Royal, la galerie Vivienne offre immédiatement un lieu de promenade et de distraction, et in raccourci pour les piétons dans ce quartier, où la circulation est déjà impossible : il faut parfois, dit-on, attendre un quart d’heure pour passer d’un trottoir à l’autre.

Dès ses premières années, ses soixante-dix boutiques sont investies par des commerces de grande qualité – bottiers, restaurateurs, tailleurs, marchands de vin, restaurateurs, merciers, confiseurs, libraires, marchands d’estampes…

Des « machins en rama »

En plus de ces échoppes, la galerie bénéficie de  nombreuses attractions. En 1828, l’abbé Gazzera ouvre au numéro 4 le Cosmorama où, à travers des miroirs grossissants qui donnent une impression de relief, on peut admirer « des sites et des monuments les plus remarquables des quatre parties du monde », tandis que l’Uranorama présente « le mouvement et les phénomènes des corps célestes ».

Les « machins en rama », suivant le mot d’Honoré de Balzac, font alors fureur dans Paris, comme en témoignent les deux panoramas du passage du même nom, l’Europanorama du passage de l’Opéra et le Géorama de la galerie Colbert.

« De mornes solitudes »

Un théâtre lyrique puis un petit théâtre de marionnettes, animé par Maurice Bouchor et Henri Signoret, s’installent également dans la galerie durant le second Empire. Mais, bientôt la galerie Vivienne connaît une certaine désaffection : les commerces de luxe déménagent vers la Madeleine, la Chaussée-d’Antin et les Champs-Élysées, et la galerie disparaît des guides de Paris.

« Ces lieux sont déserts? Ce sont de mornes solitudes dont l’aspect désolé impressionne lugubrement l’explorateur qui s’y aventure »,  peut-on lire dans L’Éclair, en 1898. La galerie s’enfonce doucement dans un semi-oubli, si bien que sa coupole s’effondre en 1961 dans l’indifférence générale, entraînant dans sa chute l’ouvrier qui la réparait.

Inscrite à l’inventaire des Monuments historiques en 1974, la galerie Vivienne sortira progressivement de sa léthargie pour redevenir depuis quelques années un lieu de passage obligé pour les Parisiens.

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